Je me suis toujours dit que je ne savais pas écrire et surtout que si je le faisais, ça serait nul.

2 ans et 90 tests plus tard, c’était certainement faux. Pour autant, je ne me sens toujours pas légitime de parler de moi.

Syndrome de l’imposteur bonjour!

Et si on essayait quand même?

 Quelle image?

Une image ça peut être beaucoup de choses, mais là on parle de celle que le miroir me renvoie tous les matins et surtout ce que j’en perçois.

Vous voyez tous très bien ce dont je veux parler, on a tous nos complexes ainsi que nos comptes à régler avec notre patrimoine génétique ainsi qu’avec nos petits plaisirs coupables (on parle de bouffe hein 😅)…

Pour ma part c’est le fromage 😅

Qu’on le veuille ou non, cette image est primordiale et essentielle dans notre fonctionnement quotidien même si elle peut être totalement biaisée! Être juge et partie n’est jamais un bon concept!

Donc, cette image et ce foutu miroir, qu’ont ils à voir avec notre choucroute (ladite choucroute étant un blog sextoy et son tenancier, rapellons le)?

Et bah on va voir ça!

32 ans

C’est le temps qu’il m’aura fallu pour arriver à une conclusion très simple: accepter mon corps tel qu’il était serait impossible pour moi. Je suis à fond dans le mouvement “body positive”, contre le “fat shaming”, etc… Mais à un moment, ce n’est pas parce que je soutiens tout cela que le regard sur mon corps changera….

Il m’aura donc fallu 32 ans, une Madame Captain décisive, un danger imminent et un GIGANTESQUE coup de pied au cul pour en arriver à cette conclusion: Si je n’arrivais pas à accepter mon corps, il allait falloir le changer!

Sincèrement, bonne ou mauvaise solution m’importait (et m’importe toujours) plus que peu pour la simple raison que c’est la mienne et celle qui me convient, le body-positivism passe par là: mon corps, mes choix.

J’ai passé des années à fuir les miroirs, les magasins de fringues, les balances et même les caresses de Madame Captain car je n’acceptais pas mon corps, et croyez moi: c’est lourd, c’est douloureux et ça fait mal à votre couple.

Donc acte, il était temps de changer.

Forest Gump

Vous voyez cette scène où on demande à Forest Gump pourquoi il court? Et il répond “J’ai juste eu envie de courir”. Ça c’est moi, y’a 8 mois. J’ai pris un pote, mes baskets, des fringues pourries (aversion pour les magasins, vous vous rappellez?) et je suis parti courir un midi…

Et j’en pouvais plus de la vie au bout de 500m…

Deux jours après j’allais à la piscine.

Le surlendemain, je prenais mes rollers.

Et le week-end d’après je passais à Intersport m’acheter mes premières baskets de running, un t-shirt “GPS” (celui qui montre où est le gras que tu dois perdre) et un short.

Runstatic est devenu mon entraîneur et je me suis mis à courir toutes les semaines, deux fois par semaine, trois fois par semaine. Qu’il fasse 0°C ou qu’il y ait un vent à arracher des platanes.

J’ai même été courir sous la neige et je crois que ça restera un souvenir mémorable à vie.

Et vous savez qu’est ce que c’était mon moteur?

La peur, tout simplement…

Utiliser son ennemi

J’ai passé ma vie à avoir peur, de tout. Et encore aujourd’hui c’est le cas, sauf que j’ai totalement changé de paradygme.

Si la peur est mon ennemi alors j’allais l’utiliser à mon avantage:

Tu as peur d’échouer? Cours encore, plus vite, plus fort, plus loin, ne lâche rien.

Tu as peur de grossir? Cuisine, réfléchis, maîtrise ce que tu fais

Bilan: exploiter ma peur m’a permis de prendre les choses en main comme jamais. Et de perdre 17 kilos en 4 mois et de devenir accro à la course au point de devenir copain avec mon kiné, m’acheter une montre GPS (le vrai pour le coup) et un t-shirt avec support pour capteur cardio 😅

Rapport Choucroute

Alors ok c’est bien beau tout ça, mais ça explique pas qu’est ce que ça a à voir avec la sexualité!

Bah en fait tout! Mais genre absolument tout!

Côté blogueur

Vous ouvez trouver ça parfaitement trivial et futile et vous en avez le droit.

Mais moi, ça m’a libéré d’enfin me trouver beau, mais encore plus que tout, de me trouver “baisable”, oui, c’est pas très joli comme mot, mais au moins il est clair et explicite.

Et ça a tout changé parce que lorsque je teste un godemichet, un masturbateur ou un stimulateur prostatique, je n’ai plus honte de ce à quoi je peux ressembler durant la session! Car oui, j’ai beau être en train de masturber, mon cerveau ne s’est jamais empêché de penser à ce à quoi je pouvais bien ressembler de l’extérieur… Je ne suis plus obligé de faire ça avec une lumière tamisée et loin d’un miroir! Et je peux enfin être en accord avec qui je suis, avec mes envies.

Devoir tester des toys tout en ayant honte de soi-même virait à la schizophrénie et cela se ressentait sur l’enthousiasme que je pouvais y mettre. Tout simplement parce que je ne me sentais pas légitime car pas en paix avec moi-même.

Côté perso

La perte de poids fut très rapide, 4 kilos en une semaine au départ, et pour être honnête, j’ai eu des remords en voyant Madame Captain s’affoler de la disparition de mes poignées d’amour. Bon, pas très longtemps quand même, faut pas pousser mémé dans les orties non plus.

Nécessairement le regard de Madame Captain sur moi a changé au fur et à mesure de la transformation et ce pour pleins de raisons différentes. Je n’évoquerais pas les diktats de la mode et du corps parfait car il s’agit bien ici d’un besoin personnel de changement et non d’une injonction.

Mais ce qui a changé c’est mon propre regard sur moi qui a nécessairement eu des conséquences au lit…

Et ici on va retrouver les mêmes choses que pour le blog: je n’ai plus honte de ce que je suis et je peux donc être moi-même au lit et offrir à Madame Captain le meilleur de son homme, qu’il s’agisse d’endurance (fini les essouflements et les crampes) ou d’humeur.

Car comment être de bonne humeur quand ce qu’on a de plus intime est stimulé, caressé, palpé, touché dans tous les sens et tous les recoins? Pour moi c’était plus que compliqué voir impossible. J’esquivais ses caresses et gestes de tendresse, j’avais recours à des stratagèmes pour masquer ma fatigue ou le fait que j’avais deux crampes simultanées, bref, je composais avec un corps qui ne m’allait pas mais pire encore, je le cachais.

Recontre avec soi-même

(Oui je fais aussi dans le new-age!)

Au final c’est de cela qu’il s’agit, d’aller à sa propre rencontre et de faire la paix. Il ne s’agit pas ici d’une ode sur l’autel de la performance sportive ou sexuelle, d’un culte de l’image qui de toute manière n’as pas besoin de votre serviteur pour continuer à exister.

Non, il s’agit de se trouver, de trouver ce qui physiquement nous rend heureux et nous permet de devenir vertueux envers notre partenaire (nos partenaires si vous êtes polys).

Pour moi tout cela est passé par le sport et le contrôle de ma nourriture, tout cela passe encore par là. Car il s’agit d’un traité de paix et non du monde des bisounours.

Aujourd’hui je m’aime, j’aime ce que je suis, j’aime ce qu’il me permet et par dessus tout, j’aime ne plus être écartelé entre ce que je souhaite et ce que je suis.

C’était Le Captain se livre, et c’est pas terminé.

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